Les banques en Belgique investissent toujours des centaines de millions dans les armes nucléaires !

/ décembre 8, 2016

Ce 8 décembre paraît le nouveau rapport international « Don’t Bank on the Bomb », qui synthétise les différents investissements mondiaux dans l’armement atomique. En résumé, 390 Institutions financières investissent ensemble 498 milliards de dollars dans 26 entreprises qui produisent ou maintiennent des armes nucléaires.

Le rapport montre clairement qu’un certain nombre de banques étrangères opérant en Belgique comme ING, BNP Paribas Fortis et Deutsche Bank – mais aussi la banque belge KBC – continuent encore d’investir des centaines de millions d’euros dans les armes nucléaires. Plus en concrètement : ING a investi 457 millions de dollars, BNP Paribas 9008 millions de dollars, Deutsche Bank 5154 millions de dollars (correction 8/12, 16h) et KBC 117 millions de dollars.

KBC a publié en septembre sa nouvelle politique de développement durable. Mais sa liste noire des entreprises d’armement controversées n’a pas été étendu à celles qui sont liées aux armes nucléaires, comme KBC l’avait pourtant elle-même proposé dans son rapport « KBC Sustainability 2013 ».

 «Les banques aiment à promouvoir officiellement la responsabilité sociale des entreprises alors qu’elles investissent dans le même temps, des centaines de millions d’euros d’épargne de leurs clients dans les armes les plus destructrices qui soient. N’est-ce pas paradoxal ? », se demande Jérôme Peraya d’Agir pour la Paix.

Il peut pourtant en être autrement. Le rapport « Don’t Bank on the Bomb » (consultable ici : http://www.dontbankonthebomb.com/wp-content/uploads/2016/12/2016_Report_final.pdf) souligne en effet que de plus en plus de banques, compagnies d’assurance et fonds de pension réorientent leurs investissements en excluant les armes nucléaires.18 institutions financières qui gèrent ensemble plus de 1700 milliards d’euros, interdisent des investissements dans producteurs des armes nucléaires.  Dont heureusement des banques qui sont actives à la Belgique comme Triodos.

Traité d’interdiction des armes nucléaires será négocié en 2017

La pression sur les institutions financières afin qu’elles rompent leurs relations avec les entreprises qui produisent des armes de destruction massive augmentera considérablement en 2017. En Mars de cette année en effet, 123 pays vont négocier sous les auspices de l’ONU un Traité d’interdiction des armes nucléaires. « En plus d’être contraire à l’éthique, ces investissements seront donc juste des investissements perdants », explique Samuel Legros de la Coordination Nationale pour la Paix et la Démocratie (CNAPD).

L’attitude du gouvernement belge à ce sujet est totalement schizophrénique. Alors que notre pays prétend travailler à un monde débarrassé de l’arme nucléaire, la diplomatie belge s’est opposée à la tenue de négociations pour un Traité d’interdiction lors du vote à la Première Commission de l’Assemblée générale des Nations unies en octobre dernier. Aujourd’hui, si la loi belge interdit d’investir dans les armes chimiques, bactériologiques ou à sous-munitions, elle n’interdit toujours pas l’investissement dans l’arme de destruction massive par excellence.

Clients préoccupés envoient plaintes et font d’actions

Les clients préoccupé peuvent contacter leur banque via BankWijzer.be pour l’envoyer une plainte.

Le 8 et 10 décembre auront lieu des actions aux siège de ces banques et ainsi que dans des agences régionales à Bruxelles, Louvain, Anvers, Bruges, Kortrijk, Gand et Diksmuide.

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